rêve d’un bouquet de roses,


Une déportée du camp de concentration de Ravensbrück trouve un moyen pour survivre.Comme toutes les déportées elle est astreinte au travail forcé, vétue de loques,elle a faim, elle a froid. Une nuit, couchée sur une paillasse infestée de vermine elle rêve à un bouquet de roses.

BOUQUET DE ROSES

Cette nuit, j’ai rêvé d’un bouquet de roses,

Et ces roses ont mis en mon âme engourdie

Une fraicheur nouvelle

Cette pure vision m’a doucement ravie

Et me poursuit encore, comme une belle chose

Que j’aurais vue, réelle.

Une femme, toute jeune penchait vers cette merveille

Le rose de ses joues, le pourpre de ses lèvres ;

C’étaient des fleurs aussi

Qui se mêlaient aux autres, gracieuses et pareilles

Pour reposer mes yeux et calmer la fièvre

De mon cœur endurci.

Nul ne peut savoir ce qu’est pour moi ce rêve.

C’est comme un peu d’eau fraîche au voyageur lassé

Par la chaleur ardente ;

C’est, après la nuit noire, le soleil qui se lève ;

C’est un baume apaisant sur la plaie du blessé ;

Après la longue attente ;

C’est le bonheur qui vient, c’est la grande espérance

Du retour prochain dans notre douce France.

Pour une prisonnière,

C’est la joie de sentir la pensée qui s’évade

De cette vie de camps qui tue et qui dégrade,

Par-delà des barrières,

Vers l’été radieux, vers nos jardins en fleurs

Où résonnent les chants des oiseaux familiers.

Rêve miraculeux,

Rêve qui fait rêver et permet d’oublier

La boue qui colle aux pieds, des bassesses et les pleurs

De ce camp froid, odieux….

Miracle de mes roses, splendide réalité

Qui porte malgré tout vers la seule beauté.

Claudine FOUREL/Lucie
— - Ravensbrück-Zwodau—
composé en Janvier 1945

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Claudine FOUREL est née DUCHASSIN Lucie le 19.12.1916 à Puteaux elle est déportée le 13 mai 1944 au camp de Ravensbrück où elle a le matricule 38840. Elle est transféré au kommando de Zwodau Elle travaille pour la firme Siemens.

Mis à jour : dimanche 16 décembre 2012