l’Espèce humaine de Robert Antelme


Robert Antelme dans "l’Espèce humaine" publié la premiére fois par les éditions de la Cité Universelle en 1947, relate son expérience de la déportation dans les camps nazis du troisième Reich.

Le survivant qu’il est sait qu’il doit lutter désormais avec les mots pour dire ce qui était proprement inimaginable : à son retour, il lui parut imposible, à lui comme aux autres détenus, de combler la distance entrer le langage et l’expérience qu’ils continuaient tous à vivre dans leurs corps.

Robert Antelme affirme dans l’Espèce humaine qu’à la différence de l’animal, l’humanité ne se définit pas suivant des races. il y a une espèce humain omme s’il y avait eu des races inférieures et une race suprieure (la race aryenne). Dans cet ouvrage, Robert Antelme prouve que l’humanité, la philosophie humaniste, triomphera toujours de la barbarie.

Avant-propos - Extrait

"Il y a deux ans, durant les premiers jours qui ont suivi notre retour, nous avons été, tous je pense, en proie à un véritable délire.

Nous voulions parler, être entendus enfin. On nous dit que notre apparence physique était assez éloquente à elle seule.

Mais nous revenions juste, nous ramenions avec nous notre mémoire, notre expérience toute vivante et nous éprouvions un désir frénétique de la dire telle quelle.

Et dès les premiers jours cependant, il nous paraissait impossible de combler la distance que nous découvrions entre le langage dont nous disposions et cette expérience que, pour la plupart, nous étions encore en train de poursuivre dans notre corps.

Comment nous résigner à ne pas tenter d’expliquer comment nous en étions venus là ?

Nous y étions encore. Et cependant c’était impossible.

À peine commencions-nous à raconter, que nous suffoquions. À nous-mêmes, ce que nous avions à dire commençait alors à nous paraître inimaginable.

Cette disproportion entre l’expérience que nous avions vécue et le récit qu’il était possible d’en faire ne fit que se confirmer par la suite.

Nous avions donc bien affaire à l’une de ces réalités qui font dire qu’elles dépassent l’imagination.

Il était clair désormais que c’était seulement par le choix, c’est-à-dire encore par l’imagination que nous pouvions essayer d’en dire quelque chose.

J’ai essayé de retracer ici la vie d’un kommando (Gandersheim) d’un camp de concentration allemand (Buchenwald)......"

Mis à jour : lundi 9 août 2010