Violette Maurice


Violette Maurice est née en 1919 à St Etienne.

Son père républicain croit aux valeurs du scoutisme et inscrits ses filles au mouvement laïque ; "Le scoutisme fut pour nous l apprentissage de la fraternité de la rigueur morale, de l’exigence à la parole donnée".

Étudiante à Lyon, femme d’action elle entre dans la Résistance dès l’automne 1940, alors qu’elle n’a que vingt et un ans. Elle fonde à Saint-Étienne avec Claudius Volle et Denise Bonhomme le mouvement clandestin « 93 ». Le mouvement publie un journal également nommé « 93 ».

Arrêtée avec son père, Robert Maurice, en octobre 1943, elle est déportée à Ravensbrück où elle parvient à résister à l’enfer du camp, grâce à l’amitié et à la poésie (pour Violette Maurice, la poésie est un acte de résistance). Elle refuse d’y travailler pour l’ennemi. En 1945, elle est transférée à Mauthausen. Elle est libérée par la Croix rouge le 22 avril 1945.

Au retour, après la convalescence d’une diphtérie contractée au camp et une lente réadaptation à la vie, Violette retrouve Léon Boquin (revenu du camp de Rawa-Ruska, en Ukraine), rencontré avant la guerre aux Eclaireurs de France : elle l’épouse en 1947.

Elle est conseillère municipale de St Etienne de 1945 a 1947.

Violette Maurice se consacre aussi à la protection de l’enfance malheureuse, contre les bidonvilles dans lesquels vivaient les travailleurs immigrés stéphanois, ou encore pour la réinsertion des anciens détenus, donne des cours de promotion sociale auprès d’adultes soutient le droit à l’indépendance des Algériens... après-guerre, a notamment lutté contre l’enfance maltraité,

Membre de l’Association des Droits de l’Homme, elle travaille de la LICA, et devient présidente régionale de la Ligue contre le Racisme et l’Antisémitisme de 1977 à 1983.

Parallèlement, toujours fidèle à ses amis de Résistance et de Déportation, elle collabore à l’ADIR (Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance), vice-présidente de l’UNADIF (Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus) dans le département....

A partir de 1984, outre son témoignage de résistante déportée particulièrement auprès des jeunesscolaires, Violette Maurice se consacre à l’écriture de la poésie...

En 1989, elle est promue officier de la Légion d’honneur

Violette Maurice disparaît le 21 novembre 2008à St Etienne

un jardin Violette Maurice a été inauguré rue de la Montat à Saint-Etienne.

Violette Maurice a publié une dizaine d’ouvrages sur les camps, mais également des poésies.

livres de Violette Maurice

  • N.N., 1946, préface de Jean Nocher.
  • Eaux mortes, 1978, l’Ile des poètes, (prix Diffusion poétique).
  • Terres promises, 1978, l’Ile des poètes, (Prix Clarté).
  • Le poids de vivre, 1981, Maison Rhodanienne de Poésie.
  • Pérennité, 1983.
  • Les murs éclatés, 1990, Acte graphique, préface de Lucien Neuwirth.
  • N.N., 1991, réédition Encre marine, préface de Marcel Conche.
  • Résurgences, 1993, Acte graphique.
  • Racines, 1995, La Bartavelle.
  • Les voix de la mémoire (avec Marielle Larragia), 1999, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire.
  • N.N. dans Écrire, résister, 2001, réédition Encre marine.
  • Incandescence, 2004, Encre marine.

Livre sur la vie de Violette Maurice

  • La Résistance civile dans la Loire de René Gentgen (préface de Lucien Neuwirth), 1996, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire
  • Rencontres avec Violette Maurice, collectif (préface de Miarka), 2012, éditions Tirésias

POEMES

Soif
" Lorsque nous quitterons ce dantesque décor,
Lorsque les horizons seront devenus bleus,
Ma sœur, il nous faudra nous souvenir encore
De nos rêves mort-nés dans le soir nébuleux.

Mais retrouveras tu la maison familière
Et ce goût de bonheur qui mûrissait en toi
Ainsi qu’un fruit pulpeux tout gorgé de lumière
Et n’aura-tu pas soif et n’auras-tu pas froid

Comme dans les wagons plombés de la misère
Lorsque nous haletions au rythme des convois
Dans le petit matin putride et délétère
Où nous comptions nos morts tout en baissant la voix ?
La soif, la grande soif des pays sans aurore,
De notre souvenir saurons-nous la chasser ?
J’ai peur d’une autre soif plus exigeante encore
Que nulle eau ne serait étancher. "

Violette Maurice

Imaginaire

"J’ai marché dans le rêve et dans l’imaginaire,

Dans le matin de miel et dans le jour fervent,

Dans les reflets du soir, dans l’or de la rivière,

Sur le sable léger ébouriffé de vent.

Je t’ai cherché en vain dans chaque paysage,

Echo de notre esprit, souffle de ma pensée,

Dans le regard du fou et dans celui du sage,

Et dans le lent martyr de l’enfance blessée.

Ton silence toujours repoussait mon attente,

Le couchant rayonnait comme un grand luminaire,

Je voulais m’arracher à la terre pesante,

J’ai marché dans le rêve et dans l’imaginaire."

Violette Maurice

Mis à jour : lundi 19 janvier 2015