Ravensbrück


situation de Ravensbrûck
situation de Ravensbrûck

L’idée d’ouvrir un camp de concentration au lieu dit "Ravensbrück" semble antérieur à la date de création. Les première acquisition par des représentant du Reich et le NSDAP date en effet de 1934. Mais c’est en novembre 1938 que 500 détenus sont amenés de Sachsenhausen par les S.S. pour construire, près du lac de Furstenberg, dans le Meklemburg, un camp de concentration pour femmes : Ravensbrück.

Le site : une dune de sable si désolée que les bouleaux et les sapins ne réussissent pas à en atténuer l’âpreté, si froid qu’on l’appelle : "la petite Sibérie meklembourgeoise".

Le 13 mai 1939, un premier convoi de 867 femmes en provenance du K.L.. Lichtenburg arrive à Ravensbrück. De 1939 à 1945, 23 nationalités différentes y seront immatriculées.

A plusieurs reprise, le camp s’agrandit. Terrassement et transport des matériaux sont assurés par les détenues qui travaillent aussi pour l’industrie de guerre, en particulier pour l’entreprise Siemens et les ateliers de l’Industriehof.
Gastronomie V. Lecoq
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Au camp central sont rattachés de nombreux Kommandos extérieurs répartis dans toute l’Allemagne. De plus, les camps de Sachsenhausen, Buchenwald, Mauthausen, Dachau et Flossenburg faisaient appel à la main-d’œuvre féminine de Ravensbrück pour les besoins de leurs Kommandos.

Ravensbrück ne connut pas seulement la mort lente par épuisement et maladie. les S.S. y utilisèrent toutes les techniques de l’extermination : fusillade, empoisonnement par piqûres, chambre à gaz.

De pseudo expériences médicales furent pratiqués sur des femmes et des enfants.

Des femmes enceintes étaient déportées à Ravensbrück. En 1942, les femmes enceintes sont avortées au Revier jusqu’à huit mois de grossesse . Les nouveaux nés sont tués en présence de la mère.

En 1944, une nouvelle décision permit de laisser la vie aux nouveaux-nés, mais san rien prévoir pour les accueillir. Le courage, le dévouement, l’abnégation des détenues affectées au Revier permirent de sauver des mères. Sur 21 naissances de française recensées, Sylvie, Guy et Jean-Claude ont survécu.

La libération ne s’opéra pas de la même façon pour toutes les survivantes de Ravensbrück et de ses Kommandos. A partir d’avril 1945, la Croix-Rouge internationale organisa des échanges par la Suisse. D’autres furent soumises aux "marches de la mort". Elles aboutirent à Bergen-Belsen, à Mauthausen, ou, comme les déportées de Zwodau, aux confins de la Tchécoslovaquie.

Pendant les derniers jours, le camp connut un désordre incroyable. Lorsque les troupes soviétiques y pénétrèrent, le 30 avril 1945, elles ne trouvèrent qu’un petit nombre de femmes, et dans le camp qui leur était réservé, 400 hommes complètement épuisés. A leur arrivée les alliés durent creuser une fosse commune pour y enfouir des dizaines de milliers de corps.

De nos jours, il ne reste plus qu’une partie du camp : le bunker transformé en musée, le crématoire, le couloir des fusillés et une façade du mur d’enceinte que longe la fosse commune recouverte de roses de tous les pays

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Ravensbruck Mémoire vivante n° 39
Mis à jour : jeudi 8 mai 2008