Passeurs d’histoires et de mémoires


Passeurs d’histoires et de mémoires


par Michel Rahon,
Président de l’AFMD Isère

Nous avons, avec d’autres, la mission d’être des passeurs d’histoires et de mémoires.

C’est pourquoi il faut analyser les objectifs, les conditions de
cette passation ainsi que les moyens mis en oeuvre pour l’avenir. Les
objectifs relèvent de la mission que nous ont confiée les déportés de la
Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes
(FNDIRP) en créant la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et par
conséquent les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Je cite : “La Fondation pour la Mémoire de la Déportation sera ouverte
à tous les mouvements de la déportation et de l’internement. La FNDIRP
aura contribué à créer un outil d’une dimension nouvelle qui sera la
mémoire vivante des ADIRP, qui leur survivra, qui permettra de tirer des
enseignements dont profitera toute l’humanité.”

Il faut maintenant balayer le champ des conditions de passation : Nous ne serons jamais les substituts des déportés, ni les témoins de témoins ;
nous ne rentrerons pas dans la narration de ce que peuvent être la vie et
les connaissances des descendants de déportés. Par conséquent, il nous
faut apprendre à travailler avec la mémoire vivante dont nous nous
serons enrichis grâce aux témoins. Il est donc impératif de réfléchir aux
outils à créer pour prolonger la mémoire vivante (enregistrement de
témoins, vidéos de témoins in situ).

Il faut aussi, d’une façon constante, nous rapprocher des historiens afin
que les connaissances universitaires soient au service de la connaissance
historique scientifique de la Déportation, des déportations.

Cette période de l’histoire est celle de l’histoire de l’humanité. Ces connaissances doivent éviter un écueil celui de tomber dans la fragmentation de la déportation : expliquer la déportation uniquement au travers de Buchenwald, ou de
Mauthausen, ou d’Auschwitz Birkenau…

Il s’agit donc de ne pas rester uniquement dans la logique des amicales juxtaposées de camps mais de toujours avoir une vision du système concentrationnaire dans son ensemble et d’en comprendre ses causes.

Enfin, nous devons élaborer les moyens mis en oeuvre pour que nous
soyons des passeurs de mémoires mais aussi des relais pour former
d’autres passeurs. Travailler à former de nouveaux passeurs, de jeunes
passeurs, revient à analyser comment, notamment, des lycéens ou des
étudiants s’approprient ces histoires et ces mémoires.

Ce bulletin est l’illustration d’une partie des moyens que l’AFMD Isère se donne avec :
- l’article de recherche et de lutte contre l’effacement des traces d’Anne Savigneux,
- l’article de l’historien Olivier Vallade sur le travail avec ou sans le témoin,
- l’article de J-Claude Duclos, conservateur en chef du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère
- l’édition du livre “Struthof, après l’ère des témoins”,
- les productions des élèves (dessins et textes).

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Mis à jour : dimanche 16 juin 2013