Les rendez vous de blois "PEUT-ON FAIRE JUSTICE DES CAMPS ?"


faire justice des déportations nazies
faire justice des déportations nazies

Vendredi 15 octobre 2010

De 11h à 12h30 - Maison de la Magie

Carte blanche au Collectif d’Amicales et d’Associations d’anciens déportés d’Auschwitz, Buchenwald-Dora, Dachau, Mauthausen, Neuengamme et Sachsenhausen
Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
INTERVENANTS : SAM BRAUN, ancien déporté d’Auschwitz, MARIE-JOSÉ CHOMBART DE LAUWE, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation, FRANÇOIS-RENÉ CRISTIANI-FASSIN, journaliste, JEAN GAVARD, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, ancien président du jury du Concours national de la Résistance et de la Déportation, CATHY LEBLANC, maître de conférences à l’université Catholique de Lille, YVES LE MANER, agrégé d’histoire, DANIEL SIMON, président de l’Amicale de Mauthausen.

Au delà du terrain judiciaire, faire justice de la déportation reste une exigence portée par le plus jamais ça ! Dans une éducation à la citoyenneté, quelle nécessité d’appeler au faire justice de la déportation et donc de l’indicible et sous quelles formes ?

Faire justice des camps nazis, système et agents, à tous les degrés de la hiérarchie, est certainement l’un des fardeaux les plus incommodes que la conscience
contemporaine aura portés.

Des règlements de compte expéditifs qui eurent lieu, fatalement, dans les heures qui
suivirent la libération de chaque camp central ou camp annexe, il n’y a rien à dire.

Sur le terrain judiciaire, la question est restée ouverte plus d’un demi-siècle : adossée
au Tribunal international de Nuremberg, la traque des anciens bourreaux en fuite,
sous le coup de charges imprescriptibles, et les quelques procès qui s’ensuivirent.
Pour le droit et pour l’histoire, Nuremberg constitue un événement sans précédent et
sans équivalent.

Toutefois l’exigence du Faire justice est demeurée vive, les sentences de la justice et
l’écriture de l’histoire ne comblant pas la déchirure, plus profonde et plus ample
ouverte par l’internement, la déportation et la disparition de millions d’humanités
dans le système concentrationnaire nazi.

Trois formulations de cette hantise : le Plus jamais ça ! qui a rythmé, faute d’incantation plus efficiente, de si nombreux discours cérémoniels (et a subi tant de démentis, sur tous les continents, le nôtre compris) ; l’ère post-concentrationnaire, « lazaréenne », à laquelle nous assigne Jean Cayrol ; en termes voisins, quoique plus
acerbes, la fameuse assertion de Theodor Adorno jugeant – à la stupeur et dans la
dénégation de presque tous – qu’il n’est plus de poésie possible après Auschwitz.
Cet espace-temps est-il derrière nous ? En d’autres termes, la mémoire des camps
nazis a-t-elle encore à voir, aujourd’hui, avec un besoin inassouvi de faire justice ? Si
oui, ceci trace-t-il la frontière du travail des historiens ? Pour qui, parmi nous, un
processus collectif de « résilience » présente-t-il une signification ? Dans une
éducation à la citoyenneté, quelle nécessité encore d’en appeler au souvenir du
« concentrationnat » ?

Mis à jour : dimanche 16 juin 2013