LE TUNNEL D’URBES : le chantier des apprentis du CFA BTP de CERNAY (Haut-Rhin 68)


Le chantier entre dans sa phase II !

de janvier à novembre 2014 les jeunes de la section Peinture ont produit de véribles oeuvres d’art de peinture sur papier - maintenant, à partir de décembre, c’est le travail de la matière qui s’élabore : cadres métalliques fabriqués par la section "métallerie" et mise en relief par la section Peinture de : sables, pierre, pigments, éléments naturels qui vont s’encastrer dans les cadres...

Aujourd’hui, 70 ans après la dispersion d’un des 70 camps annexes du KL NATZWEILER/STRUTHOF, les jeunes nous restituent avec leur sensibilité propre leur compréhension de l’horreur et de l’humiliation, mais aussi du courage et de la détermination de ceux qui ont lutté pour rester en vie, pour continuer ensuite à témoigner afin que l’oubli ne vienne pas enterrer à jamais leurs camarades morts.
Ce travail de mémoire est pour chacun un véritable chemin de transformation, de connaissance de soi et des autres...

Un point d’orgue est prévu du 25 avril au 2 mai 2015, par des rencontres internationales en Russie - à MOSCOU et TAMBOV.

Au martyr des déportés russes du Tunnel d’Urbes répond le terrible destin des Incorporés de Force alsaciens et mosellans. Incorporés dans la Wehrmacht allemande - parce que le territoire d’Alsace et Moselle est annexé au Reich et considéré comme partie du IIIème Reich - 130 000 jeunes français sont mobilisés à partir de 1942, ce qui constitue un crime de guerre.

La "sippenhaft" loi allemande, va déporter les familles proches et élargies de ceux qui refusent de partir où s’échappent - (ce qui est le cas d’environ 25 % de jeunes). Ceux qui entrent en résistance sont massacrés. Les recrues sont déployées majoritairement sur le front russe.TAMBOV est le camp du Goulag qui va rassembler les français, dont les alsaciens et mosellans sous l’uniforme de la Wehrmacht - plus de 2000 IF y mourront dans des conditions de vie effroyables. Des prisonniers français se trouvant dans les prisons allemandes ouvertes lors de l’avancée de l’armée russe viennent grossir les effectifs de ce camp n°188, ainsi que 28 autres nationalités, le total se monte à env 10 500 prisonniers en août 1945.

L’intention de ce voyage est de compléter le travail de mémoire tout en proposant un partenariat avec les municipalités visitées et les l’université. Un chantier coopératif et solidaire est en perspective pour 2016. Le Consul Général de Russie à Strasbourg soutient ce projet. Nous sommes aussi à la recherche de financements pour accomplir ce chantier du FUTUR : construire la coopération à partir du courage et de l’engagement de ceux qui ont lutté pour la vie et pour la Paix.

Mis à jour : vendredi 6 mars 2015