Edition de "Ravensbrück, après l’ère des témoins"


L’édition du livret "Ravensbrück, après l’ère des témoins est prévue pour le premier trimestre 2014" au prix de 15 euros Contact : AFMD Isère Maison des associations boîte N° 69 6, rue Berthe de Boissieux 38000 Grenoble.
Ravensbrück a été principalement – mais non exclusivement – un camp de concentration de femmes opposées aux régimes politiques instaurés en Europe par les occupants nazis. Créé en 1938 dans le Nord de l’Allemagne ce camp a été l’un des principaux Lager du système concentrationnaire nazi. Par son organisation il ressemblait à d’autres camps, mais l’une de ses spécificités est que les nazis y ont déporté essentiellement des femmes, parfois accompagnées de leurs enfants. Le personnel SS lui-même était majoritairement féminin.
Troisième livret publié par les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (Isère), avec le soutien actif de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et celui de plusieurs institutions (voir p.4 de couverture), « Ravensbrück-après l’ère des témoins » poursuit son œuvre d’initiation-éducation des nouvelles générations, et creuse inlassablement le sillon de la pérennisation de la mémoire collective.
Comme dans les précédents livrets, chacun pourra y découvrir, page après page, grâce aux photos de Guillaume Ribot, les vestiges des blocks et les traces des baraquements disparus ; chacun pourra « entendre », grâce aux témoignages transcrits en regard de ces images, les voix des femmes déportées, battues, déshumanisées, exécutées, ainsi que les cris des enfants massacrés.
Pour tous ceux – enseignants, parents, élèves – qui sont désireux de comprendre comment s’est opérée ici la barbarie nazie entre 1938 et 1945, ce livret déploie, tout au long de ses 25 chapitres la mise en scène de la mort lente ou fulgurante, toujours violente, des opposantes aux fondements brutaux de la déraison hitlérienne, mélange mortifère d’intolérance et de racisme.
Parcourir cet espace restera toujours la plus sûre façon de prendre la mesure de la démesure des camps de concentration. Mais pour tous ceux - les plus nombreux – qui ne feront pas cette visite, ce livret, de conception pratique, permet d’ « effectuer » un parcours qui rend compte des différents lieux et de leurs affectations respectives, mais aussi du caractère si particulier, si terrible, de ce camp : la présence d’enfants et le sort réservé aux nouveau-nés.
On y perçoit ainsi avec clarté cette double fonctionnalité froide et implacable de tous les camps de concentration nazis : contribuer à moindre frais à l’économie du Reich en temps de guerre et éliminer ces femmes, ces hommes, tous les « sous-humains » qui ne pouvaient prétendre, selon l’appellation inscrite par Hitler dans Mein Kampf, à faire partie de la « race des Seigneurs ».
Etudier les atrocités nazies sans réfléchir à toutes les formes de mal que des hommes sont capables de faire à leurs semblables réduirait regrettablement la portée de ce livret et la volonté de ses auteurs. Car ce nouveau livret se veut, comme les précédents, comme ceux que nous souhaitons encore mettre en chantier, une ouverture des consciences, toutes générations confondues, à l’égard des fanatismes barbares qui ont jalonné la deuxième moitié du 20e siècle (Amérique latine, Europe des Balkans, Rwanda, Cambodge, etc.) et qui se déroulent encore sous nos yeux (Syrie).
A ce titre, le dernier chapitre « de la mémoire » n’est pas seulement une injonction que les anciens adressent aux jeunes pour qu’ils n’oublient pas. Il est une puissante invitation à entrer dans l’action d’aujourd’hui contre les crimes identiques, contre l’aveuglement ou l’indifférence.

En étudiant de façon approfondie et avec le soutien de documents irréfutables parce que scientifiquement attestés la méthodologie génocidaire et son moteur, l’idéologie fasciste et d’exclusion, les jeunes, avec le soutien des adultes professionnels engagés dans ce combat mémoriel, entreront dans la connaissance des mécanismes de la déshumanisation d’hier et d’aujourd’hui.

Le camp de Ravensbrück est devenu à cet égard – par sa nature propre mais aussi par les initiatives inlassables et répétées des anciennes déportées – un point de départ essentiel du cheminement initiatique des jeunes consciences.

C’est à cela que travaille la Fondation pour la Mémoire de la Déportation dont la Présidente, Marie-José Chombart de Lauwe reste une des figures majeures des femmes déportées à Ravensbrück du fait de son engagement à 18 ans, aux côtés d’autres jeunes gens et de leurs parents, dans la Résistance aux premières heures de l’Occupation.

L’AFMD-Isère, avec ce troisième livret pédagogique, dans le droit fil des valeurs et des missions de la Fondation, propose ainsi un jalon supplémentaire pour l’accompagnement des nouvelles générations contre toutes les formes d’exclusion.

Mis à jour : mercredi 2 octobre 2013