DT 59 le nom de Micheline Teichler donné à une classe de CM2


8 janvier 2010

Intervention de la Présidente de l’AFMD

Notre délégation du Nord de l’AFMD représente la Fondation pour le Mémoire de la Déportation, présidée par Marie-José Chombart de Lauwe. Notre but est de faire entendre la voix des déportés, des 76 000 juifs dont 11 400 enfants déportés dan les camps d’extermination de l’Allemagne nazie, des 80 000 déportés de répression qui n’était pas tous des résistants, mais qui tous ont connu un système fondé sur le mépris de la vie humaine, une condition d’esclave dans des entreprises allemandes qui travaillaient pour l’industrie de guerre allemande, une volonté brutale de déshumanisation.

Nous luttons contre toutes les tentatives de révisionnisme et de falsification de l’Histoire ; les affaires récentes Williamson et Dieudonné montrent que l’urgence demeure.

Nous dénonçons tous les totalitarismes, tous les systèmes politiques fondés sur le mensonge, la dictature, la peur et l’endoctrinement des esprits, toutes les idéologies, en premier rang le nazisme, qui prônent la discrimination raciale ou religieuse.

Notre principal souci est de transmettre cette mémoire de la déportation aux jeunes, les plus fragiles et les plus sensibles aux discours radicaux et démagogiques. Nous le faisons par l’intervention de nos témoins dans les classes, par des pièces de théâtre, par des expositions, ainsi l’exposition « mais que sont ces enfants devenus » du Musée de Bondues ou « Les disparus de la Terre » installée en Mairie de Lille cet automne.

Nous sommes particulièrement concernés et attachés au concours national de la Résistance et de la Déportation. Et nous sommes partenaire de l’Inspection Académique pour l’organisation de ce concours. Parmi tous les concours proposés dans le cadre des programmes scolaires, c’est celui qui rassemble, sur la base du volontariat, le plus grand nombre d’établissements et d’élèves.

Plus de 45 000 élèves en 2009 travaillent ainsi, en dehors de leur travail scolaire, avec des enseignants passionnés et bénévoles sur des thèmes différents chaque année, proposés alternativement par les Fondation de la résistance ou la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. D’autres Fondations désormais participent à ces choix ; Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Fondation Charles de Gaulle.

Le thème est national, le sujet est académique, les jurys sont départementaux. La cérémonie de la remise des prix en préfecture de Lille, devant le préfet, le gouverneur militaire de Lille, l’Inspecteur d’académie, dans les ors de la république est un grand moment d’émotion pour tous les lauréats.

Les élèves du nord obtiennent des prix niveau nationaux. En 2007 des élèves du collège Renaud-Barrault d’Avesnelle, en 2008 des élèves du collège Lazaro de Marq en Baroeul, en 2009 des élèves des lycées Watteau de Valenciennes et du Lycée privé de Marcq en Baroeul. Il s’agit vraiment pour tous ces candidats d’un travail personnel de documentation, un véritable travail d’histoire, car le sujet demande toujours de s’appuyer dans sa démonstration sur des recherches personnelles et des exemples locaux.

Cette plaque à la Mémoire d’une petite fille de 11 ans, raflée, déportée et gazée à son arrivée à Auschwitz, est le résultat d’un travail réalisé par les élèves de Mme Marotel sur le thème du Concours 2009
 :
« Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi »
Elle est le symbole de l’extermination de milliers d’autres enfants. Dans le convoi X parti de Malines avec les Juifs raflés à Lille, Lens, Liévin il y avait 20% d’enfants de moins de 15 ans. Dans le convoi Z, qui a emporté vers Auschwitz les seuls Tziganes de France à avoir été déportés, il y avait 50% d’enfants de moins de 15 ans.

Cette plaque est donc un signe modeste mais signifiant de notre volonté de ne pas oublier ; elle est aussi un appel à la vigilance.

On peut se demander quel est l’intérêt de ce travail et d’une manière plus large quels sont les mobiles de l’action de l’AFMD
Cela répond à une triple exigence :
1 - une exigence d’information, de connaissances des évènements de notre passé. Et ceci s’appuie sur des apprentissages de méthode et de mémorisation.
2 - Une exigence d’intelligence critique. Replacer les faits dans leur contexte ; éviter les amalgames et les anachronismes, apprendre les méthodes de l’historien, diversifier les documents, comparer les sources, hiérarchiser les faits, faire la synthèse
3 - enfin une exigence de vigilance civique.

Car la mémoire collective structure notre identité nationale, c’est un véritable capital qui nous permet de
- donner du sens au monde dans lequel nous vivons transmettre des valeurs celles de la République, des droits de l’Homme, de la tolérance.
- trouver des repères qui aident à vivre
- des réponses qui aident à la lecture du monde,
- comprendre les règles de la vie collective dans le respect de chacun
- apprendre à participer à la vie de la cité
- Eviter les marchands d’illusions et les démagogues de toute espèce
« Aucun peuple, même développé, n’est à l’abri d’un désastre moral collectif « nous rappelait récemment G. Tillion, ethnologue, résistante et déportée à Ravensbück.

Pour terminer je voudrais vous remercier M. le Principal et toute votre équipe pour la compréhension dont vous avait fait preuve et de l’efficacité de votre aide dans la réussite de ce projet.

ET en m’adressant à Mme Marotel je voudrais à travers elle, remercier tous les enseignants qui s’investissent dans un tel travail, avec passion, sans ménager leur peine ; je crois qu’ils sont là au cœur même de leur métier

Odile Louage
Présidente AFMD – DT du Nord

Mis à jour : mercredi 23 juin 2010