DT 51 - MARNE Intervention à l’IUFM de Reims


INTERVENTION AUPRES DES ETUDIANTS DE L’IUFM DE REIMS A L’ISSUE DES TEMOIGNAGES DE NOS AMI(E)S DEPORTE(E)S.

Par José GUiLLEMIN, vice-président de l’AFMD de la Marne.

Vous sentez bien qu’à travers ces témoignages, nous touchons à l’essence même de l’espèce humaine. Par rapport aux récits émouvants de nos amis déportés, comment allez-vous vous situer ? Ne resterez-vous qu’un spectateur au bord du chemin ? Ou bien apporterez-vous votre pierre, si menue soit-elle, aux indispensables actions pour faire respecter la dignité humaine, pour promouvoir une société plus juste et plus fraternelle, rejoignant ainsi les idéaux de la Résistance ?

Bien sûr, il faut se souvenir, mais de quoi ? et pourquoi ?

Répondre à ces questions, c’est donner à nos amis déportés l’assurance que leurs terribles épreuves ne seront pas oubliées. C’est leur dire combien leur engagement demeure pour nous tous un bel exemple, un exemple à suivre car ces témoignages vous ont été offerts pour que vous en fassiez quelque chose.

Sans aucune obligation, bien sûr. Même si parfois, il faut un peu insister pour que l’être humain s’engage, pour qu’il prenne ses responsabilités, il ne faut surtout pas que quelqu’un l’oblige à agir. C’est en vous-même que vous devez sentir un appel, c’est de vous même que doit venir l’énergie, la volonté de faire quelque chose...soit individuellement, soit dans le cadre de notre association, fille de La Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Vous comprenez bien que ma préférence se situe dans l’action associa-tive. Je ne m’adresse pas à vous à titre personnel mais en tant que militant d’une association de mémoire grâce à laquelle nous pouvons enrichir notre réflexion et fédérer nos énergies pour mieux accomplir notre travail de mémoire et d’histoire.

En guise de conclusion (Suite au voyage au Struthof.

Même s’il n’est pas facile de rendre compte de la totalité de l’enfer concentrationnaire, vous en avez eu un large aperçu grâce aux témoignages, à l’exposition et à la visite au Struthof. Alors bien sûr il faut tout mettre en œuvre pour empêcher que de telles atrocités puissent se reproduire. Et comme le rappelait Francine CHRISTOPHE, les atrocités nazies n’ont pas eu leur équivalent ni avant ni après la période hitlérienne de 1933 à 1945. Je tiens à le souligner non pas pour dédouaner les systèmes totalitaires autres que le nazisme, mais pour éviter que se produisent des amalgames fâcheux. Des amalgames qui risquent de brouiller les situations au lieu de les éclairer.

Rappelons-nous qu’Hitler a accédé au pouvoir de façon tout à fait légale dans un pays démocratique développé. N’exonérons pas de leur responsabilités écrasantes ceux qui l’ont soutenu et qui lui ont permis de progresser jusqu’à devenir chancelier avant qu’il ne s’octroie le titre de Führer. Et ceux qui l’ont propulsé sur le devant de la scène se nomment grands industriels, riches financiers, hauts magistrats et aussi salariés désespérés à cause d’un chômage dévastateur et délétère. Souvenons-nous que la dictature nazie ne se conçoit pas sans les camps de concentration, sans les Läger.

Alors, soyez vigilants, ne vous laissez pas abuser par la passivité en vous disant que ça ne peut pas arriver en France. Souvenez-vous de nos amis déportés et de leur précieux témoignage. Rappelez-vous qu’ils ont été capables de dire non à l’oppression et à la barbarie fascistes. Nous aussi, nous devons avoir le courage de nous opposer à l’intolérance, au racisme, à la violence. N’oubliez pas de faire passer le message à vos élèves pour qu’ensemble nous puissions construire un monde débarrassé de la peur et de la haine, un monde plus sûr et plus juste.

Mis à jour : dimanche 16 juin 2013