DT 51 Centenaire d’Andrée Paté, déportée à Ravensbrück


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Andrée Paté, déportée à Ravensbrück

José Guillemin, vice-président de l’AFMD 51 :

"1914-2014, 100 ans !

Oui, chère Andrée Paté, vous êtes centenaire ! Et nous sommes venus vous voir pour vous témoigner notre sympathie, notre amitié, nous, vos amis de l’Association de la Mémoire de la Déportation.

Nous sommes aussi venus vous honorer, vous qui avez si souvent témoigné de votre résistance et de votre déportation.

Après votre enfance dans la Nièvre, vous êtes venue dans la Marne. Vous faites alors partie de la classe ouvrière et tout naturellement vous rejoignez le Parti Communiste Français.

La guerre arrive suivie de l’occupation de la France. Vous décidez rapidement de poursuivre votre engagement en entrant dans l’action clandestine en imprimant et en distribuant des tracts qui dénoncent la collaboration des autorités de Vichy avec les occupants nazis.

Ce sont des gens comme vous qui, avec d’autres, ont fait connaître la Résistance et ont permis qu’elle se développe. Mais, à quel prix ? Car vous connaissiez les risques auxquels vous n’avez pas échappé ... L’arrestation, la Gestapo rue Jeanne d’Arc, la prison Robespierre puis celle de Laon, le fort de Romainville, la gare de Pantin et le transport vers Ravensbrück, l’enfer disiez-vous.

Enfin, c’est le kommando d’Holleischen où, avec d’autres camarades vous réussissez l’exploit de résister dans le camp de concentration en célébrant le 14 juillet.

Bon, avec le débarquement de Normandie vous espérez qu’à Noël, comme le dit aussi Yvonne, vous serez rentrée en France..... En fait, vous êtes restée concentrationnaire jusqu’à la fin et votre libération n’a lieu qu’au début de mai 1945.

Et c’est le retour, et il faudra du temps pour retrouver une vie normale comme avant. Avec la volonté de dénoncer le fascisme et l’horreur concentrationnaire.

Vous nous avez donné l’exemple d’une vie de résistance et c’est avec beaucoup d’émotion que nous vous rendons hommage.

A Holleischen vous avez connu Madame Michelin (des usines Michelin) et Madame de Laurencie (épouse d’un gouverneur), des dames de la "haute" et vous disiez d’elles que c’étaient des femmes "bien". Comme si vous, Andrée Paté, vous n’étiez pas aussi une femme bien !"

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j._guillemin_et_a._pate
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A. Paté et Y. Châtelain, déportées à Ravensbrück
Mis à jour : vendredi 21 mars 2014