Ballersdorf (Haut-Rhin)


17 Alsaciens qui en 1943 voulurent rejoindre la Suisse, pour échapper au recrutement forcé dans la « Wehrmacht », furent tués par balles au KZ Natzweiler-Struthof. Leurs familles déportées vers l’Est.

Hans Peter Goergens de Rammersweier prit part à la commémoration avec une délégation de Vieux-Thann (ville jumelée avec Rammersweier).

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monument au mort de Ballersdorf

Ballersdorf, un petit village du Sundgau alsacien, se souvient chaque année de ces jeunes hommes qui ne voulaient pas participer à cette guerre insensée des nazis. Cette année, il ya 70 ans et on n’oublie pas. Toute la commune s’est réunie à l’église. L’évêque, Vincent Dollmann de Strasbourg célébrait le service religieux, et une délégation des différentes organisations évoquait la terrible époque de l’occupation, des arrestations et des déportations vers Schirmeck, pour ceux qui s’opposaient à la « Germanisation » et en particulier au recrutement de force.

On salua également avec amitié les visiteurs allemands. La maire de la commune partenaire de Ballersdorf en Bavière, Karine Schäfer, eut la possibilité, le devoir de souligner à la génération suivante de s’occuper de l’héritage difficile avec responsabilité.

Rappel historique :

Déjà au début, il avait été possible à beaucoup de jeunes alsaciens d’aller en Suisse, toute proche. Ils ne considéraient pas cela comme une fuite, mais comme un acte de résistance envers le régime nazi. Celui qui se soustrayait à la Wehrmacht, enlevait un soldat au régime hitlérien. Début 1943 la puissance de l’occupation décida de faire un exemple. Les jeunes arrêtés, l’un d’eux avait même déjà été tué lors de l’arrestation, furent condamnés à mort par le tribunal du peuple à Strasbourg.
Dans les cas plus tardifs, lors de l’exécution des douze résistants de Vieux-Thann à Rammersweier, on renonça à la farce d’un débat judiciaire.
La décision vers un pas aussi difficile de quitter la famille, ne leur était pas facile. La plupart du temps on en discutait en famille, puisque les conséquences étaient terribles pour les familles. Ils savaient qu’après cela, la famille était déportée dans ce cas en Silésie. Cela arriva à 42 familles.

C’est justement à cause de ces conséquences pour les familles, que la plupart d’entre eux se décidèrent, contre leur gré, à être enrôlés. 40 000 le payèrent de leur vie lors des combats ou bien au camp de prisonniers, en particulier au camp de Tambow.

Fortifier l’amitié

Les nazis se décidèrent à l’enrôlement des alsaciens, après que les appels à l’enrôlement volontaire s’étaient soldés par des résultats négatifs. En 1943, le manque de personnels de la Wehrmacht marqua une urgence, jusqu’au printemps, elle avait perdu un million d’hommes en Union Soviétique. C’est juste à ce moment-là que Stalingrad fut libéré.
« Du côté badois du Rhin, nous ne devrions pas oublier ce qui était arrivé aux voisins. L’argument « nous aussi nous devions » ne prend pas. Les allemands avaient voté ou avaient admis le régime nazi inhumain. Ils n’avaient aucun droit de faire payer les membres d’une autre nation. Cela raffermit l’amitié franco-allemande, si nous sommes compatissants et que nous commémorons avec eux, et que nous tirons des leçons de l’histoire » c’est ainsi que Hans Peter Goergens résume ses impressions.

REMARQUE de l’AFMD 68 :

l’Alsace a été annexée de fait dès le 20 juin 1940. Ce qui différencie l’annexion par rapport à l’occupation, c’est la marche forcée vers la germanisation et la perte de l’identité des 3 départements français : Haut-Rhin(68), Bas-Rhin(67) et Moselle(57).

L’administration française est remplacée par l’allemande, les usines sont gérées par des allemands, les prénoms des personnes, les rues, la langue, les écrits, sont en allemand et les fiches d’identité indiquent comme nationalité « Volksdeutscher Elsässer »…le moyen pour faire plier la population est la surveillance constante, la délation, la peur des représailles et l’ouverture du camp « de redressement » de SCHIRMECK pour la moindre opposition (3 à 9 mois d’internement avec mauvais traitements, travail forcé et embrigadement – et interdiction d’en parler à la sortie (c’est la loi du silence- et si elle est rompue, la sanction est la mise au front immédiate ou la déportation dans les camps de concentration).

25.02.2013 - Arlette Hasselbach Présidente AFMD 68.

(Traduction de Mme Eve Gissinger de l’article du journal de Bade-Würtemberg Févr 2013.)
Hans Peter Goergens de Rammersweier(OFFENBURG en Allemagne, adhérent de l’Afmd68, était à la commémoration de Ballersdorf avec une délégation de Vieux-Thann (Haut-Rhin).

Mis à jour : dimanche 16 juin 2013