ASSEMBLEE GENERALE COMPTE RENDU AG 44


AFMD44 – Assemblée générale du 16 mars 2013.

Thomas Ginsburger. Président DT 44.

Rapport moral

Les années qui viennent vont être cruciales pour l’avenir et le fonctionnement de l’AFMD, c’est à dire pour la représentation de la déportation et sa mémoire. En effet, la diminution inéluctable des rangs des déportés survivants fait que cette mémoire et sa transmission sont remises dans les mains de tous les citoyens ; du moins ce fut la direction qui a été voulue par les déportés, maintenant disparus, qui ont œuvré pour la création de la Fondation pour la mémoire de la déportation et de l’AFMD.
Ils ont ainsi pensé que cette mémoire ne pouvait pas être portée uniquement par leurs descendants ou leurs familles, contrairement à d’autres associations.
Nous verrons bien dans l’avenir qui aura raison. Ces deux voies sont possibles et l’exemple du mémorial de la déportation en Mayenne, le seul dans l’ouest, montre qu’avec de la bonne volonté, la coopération est possible.

Nous ferons tout à l’heure notre rapport d’activité. Nous n’oublions pas que notre action doit s’inscrire dans le soutien à la Fondation :
« En 1990, la Fondation s’est fixée comme objectif de pérenniser la mémoire de l’Internement et de la Déportation au delà de la génération des témoins et de faire connaître les valeurs qui en sont issues »

Nous avons plusieurs chantiers à développer :

-  une réflexion sur les points majeurs de l’histoire de la déportation qui est loin d’être parfaitement connus.
-  Une vigilance accrue face au développement des racismes et la radicalisation d’idéologies qui conduisent à ces actes. Je rappellerai ici l’affaire Twitter et qu’il y a un an, 3 soldats français, messieurs Imad Ibn Ziaten, Mohamed Chamse-Dine Legouad, Abel Chennouf, un enseignant, Mr Jonathan Sandler et trois enfants, Arieh et Gabriel Sandler, Myriam Monsonego, étaient assassinés à Montauban et Toulouse.
-  Renforcer nos liens avec les amicales et fédérations du monde de la déportation, afin d’éviter la fragmentation du paysage mémoriel, qui risquerait de le rendre illisible, « menace mortifère » selon M. Gabat, Secrétaire générale de l’AFMD.
-  Renforcer l’impact de la mémoire de la déportation auprès du public, scolaires, organisations politiques, mouvement social.

A l’avenir, l’AFMD sera ce que ses adhérents en feront.

Michelle Abraham. Vice-présidente

Rapport d’activité

Nos activités pour l’année 2012 ont été riches et variées. Tant au niveau de la formation que de la transmission auprès du grand public, des scolaires, mais aussi des formateurs des maitres. Souvenez-vous, nous avions entendu fin 2011 Yannis Thanassékos ancien directeur de la Fondation Auschwitz de Bruxelles lors de nos rencontres du grand Ouest à Thouars. Nous l’avons sollicité pour tenir une conférence auprès du grand public sur l’histoire la mémoire et les archives, comme à son habitude M. Thanassékos a accepté notre invitation et son intervention a eu lieu au mois d’avril au lycée Clemenceau de Nantes. Celle-ci a suscité l’intérêt des enseignants et particulièrement celui de M. Legal Inspecteur de l’éducation national chargé de la culture humaniste pour les classes de l’école primaire qui a souhaité que les amis de la Loire atlantique interviennent dans le cadre de la formation des Formateurs sur le thème « les violences du XX siècle ». Nous vous rappelons que la Fondation pour la Mémoire de la Déportation organise un ou 2 stages de formation auxquels toute personne désireuse d’approfondir ses connaissances sur la déportation peut participer, en 2012 deux enseignants ont pris part à cette formation qui se déroule à proximité du camp de Natzweiler Struthof à Rothau. L’exposition réalisée par la FMD circule entre les établissements scolaires et les mairies. En avril 2012 à l’occasion de la journée de la déportation suite à la demande d’un membre de l’association départementale Buchenwald dora nous avons exposé à Saint Sébastien sur Loire des panneaux du système concentrationnaire en complément de l’exposition des dessins de Thomas Geve. Il y a un an lors de la venue de Stéphane Hessel malheureusement décédé depuis peu Thomas lui avait remis le livret écrit par les lycéens de Clemenceau au cours de leur voyage d’étude à Buchenwald. La FMD a réalisé l’impression de ces livrets. Les deux collèges de Clisson font régulièrement appel à notre DT pour notre exposition et notre aide à organiser des rencontres entre leurs élèves et des témoins de la déportation, qui furent en 2012 Madame Francine Christophe et M. André Gaillard. Notre DT est adhérente au comité du Concours national de la Résistance et de la Déportation, deux de nos adhérents sont membres du Jury départemental l’un au titre d’enseignant et l’autre au titre de l’AFMD. Notre DT a travaillé avec musée de châteaubriant pour la création des panneaux locaux répondant au thème « communiquer c’est résister ». Lors de la dernière remise des prix offerts aux lauréats du concours nous avons offerts 15 livres des dessins de Thomas Geve. Au mois de juin notre DT a participé aux travaux de l’assemblée Générale de l’Association des Amis de la Fondation à Périgueux. Un de nos membres Christian Lambart a été élu administrateur de l’AFMD. Tout au long de l’année nous participons aux cérémonies patriotiques auxquelles l’AFMD est toujours officiellement invitée. Nous avions assisté à la réunion organisé par la mairie sur le réaménagement du cimetière de la Chauvinière et avions lors d’un courrier suggérer des aménagements autour de la Stèle de la déportation à notre regret ceux-ci n’ont pas été pris en compte. Une personne de la DT est élue à la commission Mémoire de l’Onac et sommes maintenant adhérent de à l’UDAC. Nous souhaitons rappeler que le décès des déportés soulève la question des archives. Il n’est pas rare que des familles ne sachent que faire des papiers qui restent en leur possession, nous devons pouvoir les guider afin qu’elles les déposent soit auprès des associations, soit des archives départementales. Dernièrement une habitante de Saint –Nazaire a fait cette démarche et nous a remis le recueil des dessins de R Favier et Pierre Mania édité en 1948. Nous ne possédions pas ce recueil et nous la remercions chaleureusement d’avoir accepté que cet exemplaire soit déposé dans notre fond de bibliothèque. Depuis la fin de l’année nous sommes associés à la création d’une pièce de théâtre écrite à partir du récit de déportation de notre amie Gisèle Giraudeau. Nous avons collecté près de quatre milles euros pour permettre à la compagnie du saut de l’ange de commencer son travail d’écriture, nous avons invité Marie Aubert comédienne afin qu’elle vous expose ce beau projet pour l’année 2015 qui marquera le 70 ème anniversaire de la libération des camps. Un de nos adhérents effectue un travail auprès des établissements scolaires et de sa communauté de communes en vue de cet anniversaire. Nous préparons dès à présent nos interventions pour cette année 2015.

Renée Lizounat, trésorière.

Christian lambart. Administrateur national

Transmettre un défi

L’organisation du « National »

La méthodologie mis en place par le Conseil d’administration est la répartition par pôle. Pour mémoire je vous les énonce.

1 -pôle histoire
La démarche pour favoriser le recueil des documents en possession des familles, dans le respect de la confidentialité et le respect du souhait des familles, est en voie de finalisation.
2 – pôle vigilance
Les nouveaux chantiers :
- problème de la réécriture de l’histoire européenne avec l’arrivée des pays de l’Est dans l’Europe,
- définition de critères pour aider les associations à ne pas faire d’amalgame historique et éviter les concurrences des mémoires,
- suivre les travaux de la plate forme de Prague.
3 – pôle communication
- alimenter notre publication suffisamment à l’avance, au moins 2 mois avant la parution du journal (trimestriel).
- appel à bénévole pour organisation et gestion du site de l’AFMD
4 – pôle développement
Etre porteur de projets pour obtenir des financements auprès des collectivités territoriales, les ONAC et fortifier ainsi les liens avec ces organismes.

Les défis de notre association

Des questions vont se poser pour les générations à venir … pour les éducateurs, pour les associations de mémoire, pour l’AFMD
Pouvons-nous être Témoin ?
Pouvons-nous faire Mémoire ?
Pouvons-nous transmettre ?
Est-ce que cela doit rester dans le champ des professionnels de la Mémoire, des éducateurs, à savoir les enseignants, les historiens ? Questions légitimes et les réponses seront de toute façon multiples Les réponses nous appartiennent et c’est probablement les plus improbables que l’on retiendra.
Ce dont la Fondation et ces Amis doivent veiller avant tout, outre la difficile vérité historique c’est d’éviter le risque d’évacuation de cette histoire particulière du champ de la Morale, de l’éthique. Car le système concentrationnaire n’est pas un détail, ni même un épiphénomène d’une Guerre mondiale. Il reste encore la référence juridique en termes de crime contre l’humanité. L’article 6 du statut du Tribunal militaire internationale de Nuremberg stipule : « c ’est à dire l’assassinat, l’extermination, réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal ou en liaison avec ce crime. »
L’humanité a toujours connu et connaît encore des crimes de toutes sortes. Certes chaque cas a sa spécificité. Mais dans tous les cas, le processus qui mène la violence c’est quand les valeurs, la morale, le respect de la personne humaine ont disparu, souvent au nom de religions, parfois de doctrine qui espérait le bonheur de l’humanité et enfin d’une logique clanique avec son prolongement raciale. Enfin tout ce qui laisse croire qu’on peut avoir raison sans se soucier tout simplement de l’homme et de son humanité première.

Le Nazisme est le point d’orgue de tout le négatif de l’humanité qui se répand encore ici ou là ! La bête est-elle vraiment morte en 1945. Ne risque-t-elle pas de réapparaître sous d’autres formes. De toute façon, elle réapparaitra sous une forme nouvelle.
C’est pour cela que la disparition des témoins est, non une menace, mais à tout le moins un défi. Car ils ont eu le réflexe premier, l’aurons nous après eux. Cependant Elie Wiesel dans une petite phrase répond : « chacun qui écoute un témoin devient lui-même un témoin ». Celui-ci nous invite à revisiter le sens du témoignage.
En effet, nous ne pouvons porter le même discours, car heureusement pour nous, nous n’avons pas connu cette souffrance. Mais s’inaugure aujourd’hui l’ère du deuxième témoin. Mais là ! il s’agit d’inscrire notre récit dans une éthique rigoureuse. Le deuxième témoin doit s’imposer une solide connaissance, ou bien parler de ce qu’il sait, privilégier les valeurs citoyennes, transmettre vers les jeunes et échanger avec les adultes. Le 2ème témoin doit travailler, écouter pour transmettre, rassembler sur des valeurs. La transmission de ce message historique doit contenir une éthique solide, comme une exigence morale. Car nous avons vocation à transmettre des valeurs citoyennes. Ainsi la Fondation invite à une réflexion sur le Nazisme, sur les processus d’exclusion, sur la création de ressources fiables et la mise à disposition des témoignages enregistrés et souvent mis en ligne.
Car derrière le système concentrationnaire il y a eut un rejet des valeurs fondamentales. Terminons alors que nous regrettons le départ de Stéphane Hessel par une phrse qu’il aimait rappeler aux jeunes à la fin de ses interventions : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

Mis à jour : dimanche 16 juin 2013