70e anniversaire des arrestations au collège des Carmes


Communiqué de l’AFMD-77

70e anniversaire des arrestations au collège des Carmes (événement rendu célèbre par le film de Louis Malle, Au revoir les enfants)

15 janvier 1944 : Trois enfants juifs sont arrêtés au Petit-Collège des Carmes à Avon par la Gestapo et les soldats allemands. Peu après, c’est le tour de Lucien Weil, professeur de sciences naturelles au lycée de Fontainebleau, chassé de l’Éducation nationale par le gouvernement de Vichy parce que juif, arrêté chez lui rue de France avec sa famille. Après trois jours au siège de la Gestapo à Melun, tous les six sont transférés au camp de Drancy puis déportés à Auschwitz le 3 février, dans un wagon à bestiaux pour être assassinés à l’arrivée, dans une chambre à gaz. Leur « crime » : être nés juifs. À travers leur histoire s’incarne le génocide de six millions de Juifs.

15 janvier 1944 : Le secrétaire de mairie d’Avon, Paul Mathéry et le Père Jacques, directeur du collège des Carmes, sont également arrêtés, incarcérés à la prison de Fontainebleau puis, en mars, transférés au camp d’internement de Compiègne, enfin déportés au camp de Mauthausen d’où ils ne sont pas revenus. Ils étaient membres d’un réseau de résistance et ont par ailleurs aidé des Juifs pourchassés. Pour cela ils ont été reconnus Justes parmi les Nations. En février et en mai 1944, d’autres arrestations allaient suivre dans la municipalité d’Avon dont celle du maire, Rémy Dumoncel, lui aussi reconnu Juste parmi les Nations. Leur « crime » : résister à la barbarie, rester des hommes.

15 janvier 2014 : journée de mémoire pour les Avonnais. L’AFMD (l’association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation) a souhaité qu’une commémoration ait lieu pour le 70e anniversaire de cet événement, emblématique à la fois de l’inhumanité absolue de l’idéologie nazie, raciste et antisémite, et de l’humanité absolue de personnes qui risquèrent leur vie pour tenter d’en sauver d’autres. Elle invite les Avonnais à s’associer aux manifestations organisées par les frères carmes.

« Qui ne répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime, si ce n’est l’obstination du témoignage » (Albert Camus).

Pour l’AFMD Maryvonne Braunschweig

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Mis à jour : jeudi 9 janvier 2014