Poésie - Chanson

La grande nuit (Ravensbrück)

La grande nuit (Ravensbrück) est une oeuvre regroupant les poèmes inédits et textes de Micheline Maurel (1916- 2009) sur une musique originale de Joseph Kosma.(1905-1969) Les textes sont dits par Sylvia Monfort, Emmanuelle Riva, Catherine Sellers et Jany Sylvaire. L’orchestre est dirigé par Serge Baudo. En 1975, sous le titre "Il faudra que je me souvienne" il est ré-édité pour le 30e anniversaire de la libération des camps (réédition en 1985 par Le Chant du Monde ). Les poèmes également (...)

Mais qui demain se souviendra,...

Quand libérés des camps marqués par la souffrance Nous rentrions en France le corps meurtri de coups, Te souviens-tu, ami, ces flonflons, ces discours Avec bouquets de fleurs et encore et toujours… Alors que nous portions en nous, en ces jours de victoire, Les copains disparus aux feux des crématoires. Mais qui demain se souviendra De ceux d’Ellrich ou de Dora. Le pays tout entier, en découvrant l’horreur Bâtit des monuments et versa quelques pleurs. Rescapés de (...)

Amis, dessous la cendre

De Serge Utgé-Royo album "Les cités du soleil " (1989) Refrain : Amis, dessous la cendre Le feu va tout brûler La nuit pourrait descendre Dessus nos amitiés Voilà que d’autres bras tendus S’en vont strier nos aubes claires Voilà que de jeunes cerveaux Refont le lit de la charogne Nous allons compter les pendus Au couchant d’une autre après-guerre Et vous saluerez des drapeaux En priant debout sans vergogne au Refrain La nouvelle chasse est ouverte Cachons nos rires basanés Les mots s’effacent (...)

La Voix du Rêve

Quand revient le moment du rêve, Que peu à peu le Block entier s’endort, Dans le soir qui s’achève, Quand le vent de la nuit vient pleurer près des miradors, Parfois en notre âme un peu lasse, Monte soudain un trouble sans pareil, C’est comme un gai refrain qui passe, C’est comme un rayon de soleil. Refrain Écoutez c’est la voix du rêve, Qui revient chanter en nos cœurs, Déjà l’aube se lève, Présageant pour l’avenir des jours meilleurs, Miradors, barbelés, brimades, cela n’est plus que des souvenirs amers, (...)

« Ce cœur qui haïssait la guerre… »

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille ! Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit, Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine. Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent, Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne, Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat. (...)

Chant des partisans

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme. Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... C’est nous qui brisons les barreaux des prisons (...)

Soif

" Lorsque nous quitterons ce dantesque décor, Lorsque les horizons seront devenus bleus, Ma sœur, il nous faudra nous souvenir encore De nos rêves mort-nés dans le soir nébuleux. Mais retrouveras tu la maison familière Et ce goût de bonheur qui mûrissait en toi Ainsi qu’un fruit pulpeux tout gorgé de lumière Et n’aura-tu pas soif et n’auras-tu pas froid Comme dans les wagons plombés de la misère Lorsque nous haletions au rythme des convois Dans le petit matin putride et délétère Où nous (...)

Une fourmi de dix-huit mètres - Robert Desnos

Une fourmi de dix-huit mètres Une fourmi de dix-huit mètres Avec un chapeau sur la tête Ça n’existe pas ça n’existe pas. Une fourmi traînant un char Plein de pingouins et de canards Ça n’existe pas ça n’existe pas Une fourmi parlant français Parlant latin et javanais Ça n’existe pas ça n’existe pas Et pourquoi pas ! Robert Desnos Relisez ce poème en pensant à la période ou il a été écrit, et sachant que certaines locomotives avec leur tender intégré mesurent approximativement 18 m, que les (...)

Ils t’ont donné un nom de femme, « DORA »

« … Ils t’ont donné un nom de femme, « DORA » Tu aurais du dérider les fronts fatigués Ils t’ont donné un nom de femme, « DORA » Pour nous tromper une fois encore. Tu étais DORA, une femme de pierre, Des milliers et des milliers sont morts dans tes bras, Des milliers t’ont maudit, Ton souffle était gelé, Ton sourire de glace Et ton baiser de poison… ». Stanislav RADIMECKY (déporté tchécoslovaque) Ce poème vient d’un recueil publié en 1947. le titre original est " Slunce na Doře (...)

trois générations

Trois Générations Le père mourut dans la boue de Champagne Le fils mourut dans la crasse d’Espagne Le petit s’obstinait à rester propre Les Allemands en firent du savon Paul Valet de son vrai nom Georges Schwartz est né à Moscou en 1905 d’une mère polonaise et d ’ un père ukrainien. En 1924, sa famille s’installe en France, il fait des études et devient médecin, puis médecin homéopathe, métier qu’il exercera à Vitry-sur-Seine jusqu’en 1970. Maquisard et résistant dès 1941, son père, sa mère et sa (...)

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